« Comment j'ai fêté la fin du monde », qui se déroule à Bucarest en 1989, dresse un tableau poignant de la vie sous le régime oppressif de Nicolae Ceaușescu. L'histoire est centrée sur Eva, une jeune adolescente qui navigue dans les complexités de l'adolescence sur fond de troubles politiques et de restrictions sociales. Elle vit avec sa famille, dont son jeune frère Lalalilu, dans une ville où la peur et la suspicion imprègnent le quotidien. L'atmosphère étouffante de la Roumanie de Ceaușescu forme un courant sous-jacent constant, influençant les actions des personnages et façonnant leur perception du monde qui les entoure.
La vie d'Eva prend un tournant dramatique lorsqu'elle et son petit ami endommagent par inadvertance un buste du dictateur à l'école. Cet incident apparemment anodin déclenche une série d'événements qui révèlent les dures réalités du système totalitaire. Le couple est soumis à une audience disciplinaire humiliante, où ils sont contraints d'avouer leur « crime ». Les conséquences sont graves : Eva est renvoyée de son école et transférée dans une maison de correction, un lieu où la discipline et le conformisme sont imposés d’une main de fer.
Dans l’enceinte de la maison de correction, la situation d’Eva devient encore plus difficile, montrant à quel point le contrôle du régime porte atteinte à la liberté individuelle. C’est dans cet environnement oppressif qu’elle rencontre Andrei. Leur désir commun d’une vie meilleure, libérée des contraintes du régime de Ceaușescu, crée un lien entre eux. Ensemble, ils élaborent un plan pour fuir la Roumanie, une tentative désespérée de trouver un avenir au-delà des limites imposées par le dictateur.
Pendant ce temps, le jeune Lalalilu, témoin des difficultés de sa sœur et des bouleversements qui secouent leur vie, est convaincu que Ceaușescu est la cause profonde des problèmes de leur famille. Sa logique enfantine le conduit à croire que destituer le dictateur résoudrait tout. Poussé par son amour pour sa sœur et un sens naïf de la justice, Lalalilu, avec ses camarades de classe, élabore un plan pour assassiner Ceaușescu. La tentative de Lalalilu de renverser Ceausescu témoigne du désespoir du peuple. Ce plan, à la fois comique et profondément dérangeant, met en lumière l'absurdité du régime et les limites auxquelles le peuple a été poussé dans son désir de changement. Les enfants, représentants de l'avenir de la Roumanie, croient que leurs actions sont nécessaires pour rétablir l'équilibre.
En fin de compte, « Comment j'ai fêté la fin du monde » entremêle les histoires personnelles d'Eva, Andrei et Lalalilu avec le récit plus large d'une nation au bord de la révolution. C'est un récit d'apprentissage sur fond de troubles politiques. Le film expose l'impact du régime totalitaire sur la vie quotidienne et les actions courageuses, et parfois naïves, que des individus entreprennent dans leur quête de liberté.
Dorotheea Petre
Jean Constantin
Monalisa Basarab
Florin Zamfirescu